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Panama : violente répression des syndicats et des travailleurs en grève

mardi 13 juillet 2010

Au Panama, depuis l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement [1], la situation des droits de l’homme s’est très gravement détériorée, ce que dénoncent les syndicats, des ONG, des associations de défense de l’environnement et des droits de l’homme, et même l’église.

Depuis des mois, les syndicalistes subissent une violente et permanente répression : licenciements, harcèlements, menaces et agressions.

Le 16 juin dernier, le gouvernement panaméen a promulgué, sans aucun débat parlementaire, la loi 30, dite loi « Carcelazo » ou loi « Chorizo », qui démantèle et criminalise des droits syndicaux fondamentaux comme le droit de grève et la liberté syndicale. La loi permet également aux forces de police de tirer à vue.

De nombreux travailleurs sont en grève illimitée depuis dimanche dernier pour dénoncer cette loi 30 et obtenir sa dérogation. La semaine dernière, le gouvernement a envoyé l’armée dans la région de Changuinola (Nord du pays) pour réprimer des milliers de travailleurs grévistes dans des plantations de bananes. D’autres actions de grève ont également lieu depuis quelques jours sur les chantiers de construction et d’élargissement du canal de Panama. Des manifestations se déroulent dans tout le pays et une grève générale a été décrétée ce mardi 13 juillet.

Le bilan de la répression est très lourd : depuis jeudi dernier, deux syndicalistes ont été tués, ainsi que des manifestants (dont des enfants en bas âge) asphyxiés par les gaz lacrymogènes. Des centaines de travailleurs ont été blessés, dont une vingtaine gravement. De source syndicale, plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vue suite aux tirs de policiers, dont les cartouches étaient remplies de billes à plomb. Il y a eu des centaines d’arrestations.

Samedi dernier, 300 dirigeants représentant une centaine d’organisations membres d’organisations des droits de l’homme, d’ONG, de syndicats ou de mouvements d’étudiants, se réunissaient dans un hôtel de Panama-City pour évaluer la situation du pays. Ils ont été encerclés des heures durant par les policiers. Plusieurs dizaines ont été emmenés aux postes de police. Depuis lors, les familles sont sans nouvelles de plusieurs d’entre eux et craignent pour leur sécurité et leur vie.

Selon la Convergencia Sindical, les communications internet et téléphoniques de leur siège dans la capitale ont été coupées le lundi 12. Un rassemblement de militants, prévu lundi dans un parc au centre de Panama-City, a dû être suspendu à cause du risque élevé d’arrestations prévisibles et de mandats d’arrêt lancés contre des nombreux dirigeants syndicaux.

Il semble que l’arrêt de travail de ce mardi soit bien suivi dans le secteur de la construction et chez les enseignants. Certains prévoient de faire des arrêts de travail sur le temps de midi. Mais la peur d’être arrêté est grande chez les travailleurs.

Source : MWB-FGTB, 13/07/2010

Vous trouverez sur le site Metallo-MWB des liens vers des communiqués de solidarité et d’autres articles sur la question.

Notes

[1Gouvernement de Ricardo Martinelli, en place depuis le 1ier juillet 2009

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