Accueil > Brèves > Belgique : Fermeture du réseau à la STIB, retour vers le futur (...)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Belgique : Fermeture du réseau à la STIB, retour vers le futur ?

lundi 28 juin 2010

La société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) a décidé, sur l’initiative de son administrateur-directeur général, Alain Flausch, de fermer l’accès à son réseau en installant des portillons d’accès.

Le coût total de l’opération est estimé à 50 millions d’euros [1] et son objectif avoué est réduire la fraude de 18 à 10%.

Ceux qui ont de la mémoire (et un certain âge) se souviendront que le réseau était encore fermé dans les années 1980. Ce n’est qu’avec l’arrivée de la carte magnétique en 1993 que le réseau a été complètement ouvert.

A l’époque, le directeur des relations extérieures, Jean-Pierre Alvin, expliquait ce choix en expliquant que "les contrôles, dans les réseaux ouverts ou dans les réseaux fermés, indiquent que le taux de fraude est comparable. Par exemple, dans le métro parisien, système fermé par excellence, il oscille autour des 7 %, alors qu’à Bruxelles, il est descendu en dessous de ce chiffre..." [2].

Déclaration qui contraste un peu avec la justification avancée par Alain Flausch pour fermer aujourd’hui le réseau : "Quand je suis arrivé à la STIB, j’avais l’impression que personne ne payait". Chacun pourra juger du sérieux de ses impressions... [3]

Plutôt que d’investir des millions (coût qui sera bien évidemment répercuté sur les tarifs et donc sur l’usager) dans des systèmes technologiques, il serait peut-être judicieux de s’interroger sur les raisons qui auraient fait tripler la fraude en moins de 20 ans.

Quand à l’obligation de valider, (ré)introduite avec la carte Mobib, le même Jean-Pierre Alvin, toujours en 1992, expliquait que ce genre de système "n’est pas dans nos intentions. Techniquement, en effet, ce serait possible. Mais aux arrêts les plus fréquentés, l’obligation de composter signifierait un arrêt plus long du véhicule, donc une moindre vitesse commerciale, donc une perte d’argent !".
La direction de la STIB l’a peut-être oublié ; mais ceux qui en font l’expérience quotidiennement peuvent en témoigner...

Autres temps, autres moeurs...

Source : Belga, 21/06/2010

Lire aussi dans JIM :
- STIB Brother
- Privés de vie privée
- Belgique : Pétition contre la carte Mobib

Voir en ligne : http://www.lalibre.be/actu/bruxelle...

Notes

[1dont 15,2 millions apportés par Bruxelles Mobilité, c’est-à-dire par le contribuable bruxellois.

[3Le même Alain Flausch avait déjà justifié l’introduction de la carte Mobib en arguant que "nous sommes dans un monde ’à carte à puce’" et que "La Stib se devait de rester en phase avec l’évolution de la société.", La Libre Belgique, 27/05/2008

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0