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Suicides : c’est l’hécatombe chez France Télécom

vendredi 7 août 2009

Avec 18 suicides de salariés en deux ans, l’opérateur téléphonique bat à plate couture Pôle Emploi (10 décès depuis la promulgation de la loi de fusion), PSA ou Renault.

EDF, IBM, Areva, Société Générale, BNP-Paribas ou HSBC, Airbus… la liste est longue. Mais le leader incontestable en la matière reste la Police nationale avec, en moyenne, près d’un suicide par semaine...

Chaque année, on recense quelque 400 suicides directement liés au travail. Seuls une vingtaine sont reconnus comme accidents du travail par la Sécu.

La Poste prend le même chemin que France Télécom, cet exemple à ne surtout pas suivre : restructurations, privatisation… pressions diverses pour assurer une rentabilité financière de court terme, départs soi-disant volontaires, conditions de travail dégradées, mobilité forcée, intimidations, harcèlement de salariés (70% ont encore le statut de fonctionnaires) poussés vers la sortie... Chez France Télécom, le nombre d’arrêts maladie a augmenté de 50% depuis 5 ans. Quant au nombre de visites chez le médecin du travail, il est passé de 3.430 à 4.468 entre 2007 et 2008, soit une augmentation de 30%, selon les chiffres des syndicats de l’entreprise.

Six syndicats en colère (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO et Sud) qui ont prié solennellement le PDG du groupe, Didier Lombard, de « prendre en considération » le problème de la souffrance au travail et des suicides de collaborateurs, et d’entamer des négociations sur le stress dès la rentrée. Ils exigent notamment la mise en œuvre de l’accord national interprofessionnel sur ce sujet : transposé d’une directive européenne et signé par les partenaires sociaux européens en juillet 2008, cet accord n’a toujours pas été appliqué au sein de l’entreprise. Il en va, écrivent-ils, de « la santé physique et mentale des salariés ».

Le 14 juillet dernier à Marseille, un employé de 51 ans s’est suicidé à son domicile. Dans sa lettre, Michel D. évoquait l’« urgence permanente », la « surcharge de travail », l’« absence de formation », la « désorganisation totale de l’entreprise » et le « management par la terreur ». Depuis 2008, c’est le dix-huitième collaborateur du groupe à s’être suicidé. En outre, une dizaine de salariés aurait également tenté de mettre fin à leurs jours. Sans exagérer, on peut dire que la direction de France Télécom et tout son staff de « managers » devraient être condamnés pour homicides, tentatives d’homicide, mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personnes en danger.

Voir en ligne : Actuchomage

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