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Des salariés de Molex en colère rassemblés devant l’usine fermée

jeudi 6 août 2009

Une cinquantaine de salariés de l’équipementier automobile américain Molex, furieux contre leur direction, étaient rassemblés jeudi matin devant l’usine de Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, après la décision de Molex de fermer le site pour raison de sécurité.

"On a appelé l’inspection du travail car les représentants du personnel doivent pouvoir entrer, ça commence à se corser. S’ils cherchent l’épreuve de force, ils vont l’avoir. On est remonté, on est comme des bêtes sauvages", a averti le secrétaire du CE, Denis Parise.

M. Parise et trois salariés de Molex sont convoqués jeudi à 10h00 au TGI, assignés en référé par Molex qui réclame la levée du blocage de l’usine.

L’usine, bloquée par les salariés et dont la production est paralysée depuis le 7 juillet, a été fermée provisoirement mercredi soir, "pour garantir la sécurité des employés (administratifs non grévistes) et des vigiles de l’usine après qu’un salarié et deux gardes eurent été blessés dans un incident violent sur le site", selon un communiqué de Molex.

Selon la version des salariés, le directeur du développement Eric Doesburg, qui marchait avec une canne du fait d’une opération au genou, a été bousculé mardi soir et des oeufs ont été lancés sur lui et ses gardes du corps. Un médecin lui a prescrit une ITT de 7 jours.

Interrogé sur l’éventualité d’une fermeture définitive, Denis Parise écarte l’hypothèse. "Ca ne peut pas être une fermeture définitive, le CE n’a pas été consulté. Tant que le plan social n’a pas été négocié ils ne peuvent pas fermer", souligne-t-il.

"Pour moi, au delà de ce que dit la direction, cette fermeture est là pour créer dans l’esprit des gens une forme de peur. C’est un avertissement. C’est plus psychologique que sécuritaire", a déclaré pour sa part Thierry Bonhoure, délégué syndical FO.

La fermeture de l’usine Molex est prévue pour fin octobre mais le personnel espère une réindustrialisation du site, à condition que Molex cède l’outil de production, ce que refuse le groupe américain qui a construit une usine identique aux Etats-Unis pour y délocaliser sa production.

Le directeur général de Molex, Martin Slark, a en outre dénoncé mercredi soir "le manque de réaction des forces de l’ordre" appelées par la direction de l’usine.

"Je pense qu’ils ont saisi l’occasion (de l’incident) pour fermer l’usine. Une fois l’usine fermée, on ne verra pas ce qu’ils font du stock", craint le délégué FO.

"Je suis inquiet, poursuit-il, Molex ne veut rien laisser sur le site pour que l’emploi soit maintenu. (...) Si le maintien de l’emploi échoue, il ne restera plus qu’à négocier un plan social, mais on sent qu’ils cherchent à faire un plan social à minima".

C’est un "combat légitime", soutient Thierry Bonhoure, "on veut minimiser les licenciements ou que Molex paye l’addition, car ce n’est pas une fermeture pour raison économique, elle est purement stratégique".

Le cabinet d’expertise comptable Syndex a estimé que Molex-Villemur (283 emplois) était viable, ce que dément la direction.

Voir en ligne : AFP via RTBF Info

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