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Belgique : Communication des occupants de l’Eglise du Gesu (Acte premier)

samedi 20 février 2010

Les occupants du GESU, à savoir une centaine de personnes dont onze familles et trente enfants, de douze nationalités différentes, ont été cette dernière semaine l’objet de plusieurs articles de presse, déclarations, rumeurs et prises de positions. Ces interventions étaient parfois amicales, parfois hostiles, mais le plus souvent mal informées. Nous avons notre part de responsabilité dans cet état de fait, en ce sens que nous n’avons pas fourni de véritable travail d’information. C’est pour combler cette lacune que nous rédigeons ce communiqué - étant entendu que nous restons à la disposition de toute personne de bonne volonté souhaitant davantage de précision.

1° Notre histoire

Travailleurs précaires, chômeurs, Belges, immigrés, artistes, isolés et familles, notre groupe d’occupants s’est réellement constitué avec l’investissement en mai 2009 de l’ancien immeuble des impôts de la place Morichar. Confrontés aux difficultés extrêmes pour les pauvres de se loger correctement à Bruxelles, et constatant l’abondance de locaux vides, nous nous sommes constitués en collectif pour attirer l’attention sur ce problème et pour le résoudre pratiquement en ce qui nous concerne. Nous avons développé un fonctionnement collectif et solidaire (avec décisions prises en assemblées), qui a fait ses preuves et qui nous a permis de traverser de nombreuses épreuves et difficultés. Nous avons investi l’immeuble Morichar en liaison avec l’Union des Locataires Marollienne, l’Union des Locataires de Saint-Gilles, le Syndicat des locataires, la CRER, le CGAM, l’ONHU, etc. Nous y avons habité cinq mois, jusqu’à notre expulsion en septembre. Nous avons investi 15 jours un immeuble rue Belliard en attendant qu’une solution durable se trouve. Le secrétariat d’Etat bruxellois au logement nous a proposé une autre solution transitoire : un immeuble de la rue de Stassart qui était en attente de travaux, et dont les propriétaires acceptaient une occupation provisoire jusqu’au 19 janvier 2010.

2° Les conditions de notre départ de la rue de Stassart

Contrairement à ce qu’on a pu lire, nous n’avons pas été expulsés de la rue de Stassart. L’accord d’occupation stipulait clairement que nous nous engagions à quitter l’immeuble au début des travaux. C’est exactement ce qui s’est passé.

3° Le préaccord

Lorsque la perspective d’un investissement de l’immeuble de GESU s’est ouverte, nous avons été confrontés à une situation extrêmement complexe dont, à la vérité, nous ne sommes pas certains de comprendre tous les tenants et aboutissants. Que personne n’espère ici apprendre tous les dessous de carte de cette affaire politico-immobilière. Nous ne pouvons expliquer que ce qui nous concerne et nous touche.

L’immeuble du GESU avait fait l’objet d’une demande de permis de bâtir de la part d’un promoteur immobilier suisse, qui compte en faire un hôtel de luxe. Des associations et des habitants se sont opposés à ce projet. Lorsque nous sommes arrivés, le permis avait été accordé mais deux associations et un riverain avaient déposé un recours qui a bloqué le projet pour des raisons sociales (défaut de logements) ou environnementales-culturelles-patrimoniales. De plus, une partie de l’immeuble était déjà occupée par une dizaine d’artistes qui avaient une convention d’occupation avec le promoteur-propriétaire.
Nous nous sommes retrouvés dans une réunion où se trouvaient le Secrétaire d’Etat bruxellois au logement, son chef de cabinet et son attaché, le promoteur et son avocat, ainsi que les opposants au projet. Nous avons trouvé dans les opposants au projet un bon accueil et des encouragements, et à cette réunion, le promoteur-propriétaire, loin de s’opposer à notre venue, s’est engagé à demander à son architecte d’étudier la faisabilité de notre arrivée (ce qu’il a fait). Le promoteur-propriétaire demandait également que les opposants s’engagent formellement à ne pas utiliser notre arrivée comme arme légale contre son projet (en argumentant qu’avec notre arrivée, le bâtiment était de fait un bâtiment de logements), ce qui fut concrétisé par un engagement écrit de la part des trois requérants. Le promoteur-propriétaire demandait également que les autorités soutiennent cette occupation. C’est dans cette mesure qu’il nous a dit que notre venue était "envisageable".

4° Notre arrivée au GESU

Notre départ de la rue de Stassart nous a empêchés d’attendre la finalisation d’un accord. Nous avons investi l’immeuble de GESU le 7 février. Un regrettable incident a eu lieu avec le responsable du collectif d’artiste qui avait une convention avec le propriétaire et qui, faute d’avoir été informé, a pensé que nous voulions occuper l’espace de leur projet alors qu’il s’agissait pour nous que d’occuper les espaces disponibles. De ce malentendu a surgi la formule choc des "expulsés expulseurs" qui ne correspond à aucune intention ni aucune réalité. Nous avons toujours respecté les ateliers des artistes avec qui les relations se sont normalisées.

5° Nos conditions d’occupation au GESU

La structure du bâtiment du GESU se prête bien au logement mais ses installations étaient depuis longtemps à l’abandon, essentiellement le chauffage et l’électricité. Plusieurs personnes et autorités, parfois intéressées, parfois légitimement soucieuses du bien-être des familles et des enfants, s’en sont inquiétées. Nous voulons souligner que notre collectif a déjà une forte expérience de problème de cet ordre. Nous avons des compétences, des amis, une expérience du travail en commun, qui font que ces problèmes ne sont pour nous que des problèmes pratiques et non des obstacles rédhibitoires. Après une semaine d’occupation, nous avons installé trois grandes pièces collectives chauffées (y compris une cuisine et une salle de bain) et cette semaine nous installons l’électricité dans tous les espaces habités. Plusieurs bénévoles nous aident, ainsi que les occupants du 123 rue Royale qui ont eux-mêmes une grande expérience de ce type de problèmes. Nous travaillons ensemble chaque jour à améliorer notre situation à tous, et ce travail en commun fait partie de notre projet. En ce sens, nos enfants et nous avons davantage besoin d’aide et de matériel que de cris d’alarme.

6° Nos perspectives

Nous l’avons dit, le bâtiment se prête admirablement à une occupation collective, avec une qualité de construction excellente (parquet, arrivée d’eau dans chaque pièce, etc.) et une répartition intelligente d’espaces privatifs et collectifs (il s’agissait d’un monastère). Nous pouvons montrer à tout visiteur non seulement les travaux déjà accomplis, les travaux en cours, mais aussi nos perspectives. Ils pourront se rendre compte à quel point cet espace sera un espace propice à une vie heureuse et digne.

Saint-Josse, le 15/02/2010
« Collectif Habitat Solidaire »
GSM : 0477/245797
Email : lesoccupants@yahoo.fr

Source : Communiqué de presse des occupants

Voir en ligne : http://www.cemab.be/news/2010/02/86...

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