Accueil > Brèves > Zaventem, Festival Steenrock : un policier tabasse sauvagement un jeune (...)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Zaventem, Festival Steenrock : un policier tabasse sauvagement un jeune homme

lundi 9 mai 2011

Lors de la dernière édition du festival Steenrock, organisé samedi passé (07/05) en face du centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel, un contrôle d’identité s’est transformé en véritable cauchemar pour un jeune homme présent sur place. Sauvagement tabassé par un policier, il a été hospitalisé et opéré d’urgence à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles.

Tout a commencé vers 15 heures alors que la victime se rendait au Steenrock dans une camionnette, accompagné d’amis. Le véhicule a été stoppé par deux policiers qui ont effectué un contrôle d’identités. Il semble que très vite, il y ait eu incompréhension dans les propos échangés, les policiers parlant néerlandais et le jeune homme, francophone, ne les comprenant pas. Assez rapidement, l’un des deux policiers a sorti sa matraque et a asséné un coup très violent directement au visage du garçon. Il a continué à le frapper, toujours à coups de matraque, partout sur le corps et à nouveau, à plusieurs reprises, en plein visage, sans que son collègue n’intervienne.

Gilles, témoin direct de la scène, raconte : « C’était d’une
violence terrible, le premier coup semblait prévu pour tuer ou briser ! J’ai
cru qu’il allait lui casser la tête tant il lui donnait de coups… Le sang
a véritablement giclé… Pourtant, à aucun moment le jeune homme ne s’est
montré menaçant, il demandait plutôt grâce ! Ensuite, alors qu’il était
ensanglanté, effondré à terre, les policiers ne lui ont apporté aucun soin ! Au contraire, celui qui l’avait frappé s’est encore assis sur lui pour le
menotter… Le jeune homme hurlait, le policier lui a alors gueulé de se
calmer, alors qu’il venait de lui arracher un bout de lèvre, ou de joue, qui
pendait de la mâchoire… C’était effroyable ! ».

Des renforts de police sont ensuite arrivés pour contrôler les autres personnes présentes dans la camionnette. Ce n’est qu’après une longue attente que le jeune homme a été emmené, menotté, à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles où le garçon s’est vu poser une vingtaine de points de sutures avant d’être opéré d’urgence, de multiples fractures à la mâchoire ayant été constatées ainsi que de nombreuses dents cassées.

Vu la violence de l’agression et la gravité des blessures, les médecins estiment que son immobilisation et sa rééducation dureront plusieurs mois. Personne ne peut dire dans combien de temps il pourra manger et parler comme avant.

Il va de soi que la victime et sa famille comptent porter plainte, d’ores et déjà soutenus par de nombreux témoins ayant assisté au déchainement de violence du policier qui, à aucun moment, n’a été freiné par ses collègues. Des associations, comme la Ligue des Droits de l’Homme, Bruxelles Laïque et la Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation, ont déjà réagi en demandant que le responsable de la brigade de police présente à Zaventem réagisse à ce grave incident.

Ces associations rappellent en outre que l’usage excessif de la force par
les forces de l’ordre belges a déjà été pointé en octobre dernier par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU dans ses recommandations à la Belgique [1]

La police de Zaventem a confirmé l’incident. "Un policier a en
effet dû [sic] avoir recours à la force lors d’un contrôle d’identité", a justifié une porte-parole de la police. Un procès-verbal a été remis au parquet et une enquête interne a été ouverte.

Comment une altercation verbale a-t-elle pu mener à un tel déchainement de violence ? On nous parlera encore de mouton noir... mais alors pourquoi les collègues du policier agresseur n’ont-ils pas porté assistance à une personne en danger ? Difficile de ne pas s’interroger sur les consignes qui ont été données aux policiers, des consignes en général suffisamment floues pour permettre ce type de bavures sans que la hiérarchie ait à les assumer [2]. Nous suivrons l’évolution de la plainte, espérant bien sûr qu’elle aboutisse à une condamnation. Malheureusement, il est rare que la violence policière soit condamnée.

Sources : Indymedia (09/05/2011), Belga (09/05/2011), Communiqué de presse de la Ligue des droits de l’Homme, de Bruxelles Laïque et de la CRER (09/05/2011).

Notes

[1"4. Le Comité est préoccupé par les informations faisant état d’allégations
d’usage excessif de la force non conforme aux Principes de base des Nations
Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les
responsables de l’application des lois, en particulier lors des interpellations
par la police, et par le fait que les plaintes à l’égard de la police ne sont
pas toujours suivies de sanctions à la hauteur des faits. Le Comité est
particulièrement préoccupé par les informations faisant état d’allégations
d’usage excessif de la force et d’arrestations préventives lors des
manifestations qui ont eu lieu le 29 septembre et le 1 octobre 2010 dans l’Etat. L’État partie devrait prendre des mesures nécessaires pour garantir que la
force, lorsqu’est utilisée par les membres de la police, soit en conformité
avec les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et
l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois et
s’assurer que les arrestations ne se font que dans le cadre strict du respect
du Pacte. L’Etat partie devrait, en cas de mauvais traitements suivis de
plaintes, systématiquement mener une enquête, poursuivre et sanctionner les
auteurs à la hauteur des faits commis. Il devra informer le Comité sur la suite
donnée aux plaintes déposées suite aux manifestations du 29 septembre et du 1
octobre 2010.", cité par la LDH dans son communiqué de presse.

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0