Accueil > Numéros > Numéro 4 - Consumérisme > Pour la police de la zone Bruxelles-Midi : Arabe = punching-ball (...)

Violence Légale

Pour la police de la zone Bruxelles-Midi : Arabe = punching-ball !

Récit d’une agression policière... ordinaire

samedi 19 décembre 2009, par Christine Oisel

C’est l’histoire de quatre garçons, Khaled, Karim, Abdulluahed et Nordine. Ils ont commis la faute de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment et - facteur aggravant - d’avoir une "gueule d’Arabe".

Compte-rendu d’une agression policière... ordinaire. Le récit, condensé, se base sur les déclarations des victimes [1].

Prologue

Nous sommes à la fin du mois d’août 2009, le vendredi 28 exactement. Saint-Gilles (Bruxelles), fin d’après-midi.

Mourad El Amrani, conseiller communal cdH, se trouve près de la place Bethléem. Il croise sur son chemin une patrouille de police qui décide de le contrôler : les agents n’ont pas aimé son regard... Le contrôle provoque une certaine tension, des jeunes présents sur la place viennent voir ce qui se passe. Des voitures de police et des fourgons sont immédiatement appelés en renfort.

Au même moment, non loin de là, rue Vanderschrick, Nordine revient d’un distributeur d’argent (il a retiré 120 euros) lorsqu’il voit deux ambulances en intervention pour réanimer une jeune femme ayant eu un malaise. En passant, il suggère aux ambulanciers de cacher la scène à l’aide d’un tissu - elle est dénudée - vu le nombre d’enfants présents [2]. Il passe son chemin et aperçoit son voisin Karim en train de discuter avec son frère, Khaled, à l’angle des rues d’Andenne et Vanderschrick.

Les deux frères ont vu l’ambulance et sont allés voir s’ils ne connaissaient pas la personne. Constatant que la victime leur est inconnue, ils s’en vont immédiatement sans échanger de mot avec les ambulanciers et aperçoivent Nordine, qui arrive vers eux.

Acte I : le fourgon

C’est à ce moment que les trois garçons voient arriver des policiers ainsi que des fourgons et des voitures de police. Ils n’y font pas attention dans un premier temps, ignorant tout de ce qui se passe place Bethléem. Mais rapidement, ils sont encerclés. Pour eux, à partir de là, c’est l’horreur qui commence.

Nordine est ceinturé, plaqué au sol sur le ventre, menotté, asséné de coups dans le dos puis placé dans un fourgon.

Un policier arrive dans le dos de Karim et tente de l’étrangler avec son bras pour l’immobiliser. Il appelle son frère. Plaqué au sol, il est aspergé de spray au poivre. Les policiers font pression sur son dos, tirent ses bras en arrière. Karim a l’impression qu’il va étouffer. Il vomit de la bile (il n’a rien mangé depuis la veille, il fait le jeûne). Il est mis dans le fourgon à côté de Nordine et frappé encore. L’un des coups, asséné avec la base de la matraque, est donné à moins de 2 cm de son oeil.

Un policier se dirige vers Khaled, lui dit de reculer et le frappe avec la base de la matraque. Khaled entend son frère Karim crier son prénom, se retourne mais se retrouve face à un policier qui s’apprête à l’agripper avec sa matraque. Ses collègues le déséquilibrent et lui sautent dessus. L’un d’eux tente de l’asperger de spray au poivre. Il est ceinturé, menotté et envoyé à son tour dans le fourgon.

Pendant ce temps, Abdulluahed est chez lui, en pyjama et en sandales. Une voisine vient l’avertir que la police est en train d’arrêter son frère, Nordine [3]. Il va voir, accompagné de sa mère et de son jeune frère de 11 ans. A l’approche du fourgon, ils sont tous les trois aspergés de gaz lacrymogène, y compris l’enfant qui est giflé et tombe par terre. Le neveu de Khaled, âgé d’une dizaine d’années, est également giflé par un policier. La mère fait un malaise et tombe à son tour sur le trottoir, à côté d’une voiture de police dont le conducteur s’amuse alors à donner une série de coups d’accélérateurs [4]. Abdulluahed est poussé dans la voiture, attaché, giflé et insulté : "Marocain de merde, une femme est morte, c’est un homicide involontaire". Le cauchemar...

Dans le fourgon, Khaled est terrorisé par les coups qu’il a reçus. Il tente de sortir. Les policiers le frappent à coups de matraques et le mettent sur une banquette, sur le ventre, les mains attachées dans le dos. "Go go go !", le fourgon démarre. Sept ou huit policiers se trouvent dans le fourgon. Khaled est roué de coups sur la face arrière de son corps. Les insultes fusent, Khaled est obligé de crier : "Je suis un sale macaque", ce qu’il fait espérant - en vain - que les coups cessent. Ils fondent en larmes. Les policiers font dans le raffinement : "La prochaine fois, on mettra des CD de musique nazie". Coups, insultes, crachats. Le trajet est interminable.

Acte II : le commissariat

Arrivée au commissariat d’Anderlecht. Les trois garçons sont paniqués et déboussolés. Ils sont brutalement fouillés. L’argent que Nordine a retiré du distributeur est volé par l’un des policiers. Il crie : "Mes 120 euros !", ce à quoi le policier répond : "Quel argent ?" [5]. Les insultes continuent. Karim reçoit l’ordre de se tourner vers le mur, un violent coup de pied lui est asséné dans le dos. Ils sont mis dans des cellules individuelles adjacentes. Un policier arrache brutalement la ceinture de Khaled, lui prend ses chaussettes et jette son pull à la poubelle. Abdulluahed, qui a perdu ses sandales au moment de l’arrestation, est lui aussi pieds nus. Ils ont peur, ils ont froid, ils pleurent. Karim a terriblement mal à la nuque (il a l’impression qu’elle est remplie d’eau) et panique à l’idée d’être à nouveau tabassé. On prend leur identité. Plusieurs fois. On leur dit qu’ils sont là pour l’agression des ambulanciers.

Khaled explique ce qui s’est passé à un policier d’origine maghrébine qui lui rend ses chaussettes, l’emmène dans une pièce et le rassure [6]. Deux autres policiers sont présents, l’un d’eux est noir. Khaled leur raconte le comportement raciste et violent de leurs collègues. Il les supplie d’aller voir si son frère va bien. Il est ému et frustré, il donne un coup de poing dans sa main. A ce moment, une dizaine de policiers entrent. L’agent noir se place à côté de Khaled. Les autres rient, l’un d’eux déclare : "Si j’avais été dans le fourgon, je t’aurais aussi tapé dessus". Khaled demande au policier à côté de lui si de tels propos sont acceptables. Il est ensuite emmené par des policiers pour être conduit à l’hôpital. Du sang coule de sa tête. Un policier lui explique que "tout va bien se passer", qu’ils vont à l’hôpital. Il lui dit de "rester digne". Khaled lui répond qu’il l’a toujours été, qu’il n’est pas quelqu’un de nerveux.

Lorsqu’Abdulluahed arrive au commissariat, il n’a toujours pas vu ni son frère ni les deux autres garçons. Il est emmené au premier étage et battu à coups de poings. Sous la force des coups, il tombe. Il est complètement perdu, il a déjà été aspergé de spray au poivre et a très mal. Quand "l’officier maghrébin" entre dans la pièce, les autres policiers sortent. Il emmène Abdulluahed aux toilettes pour nettoyer le sang sur son visage et le met en cellule. L’un de ses agresseurs s’installe devant la cellule et se met à manger. On est en plein ramadan.

Acte III : l’hôpital

Khaled et Abdulluahed (qui est toujours pieds nus) sont emmenés ensemble à l’hôpital Joseph Bracops, à Anderlecht. Ils croisent deux policiers qui se sont fait soigner [7]. L’un d’eux lance à Khaled : "C’est à cause de toi, sale singe !". Dans la salle d’attente des urgences, les deux garçons doivent attendre longtemps, "comme des bêtes" nous confiera Khaled : debout les jambes écartées, la tête contre le mur - les policiers refusent qu’ils s’asseyent malgré le nombre de sièges vides - avant d’être enfin "examinés".

Un médecin reçoit Khaled, les policiers accompagnent. Il soulève son T-shirt et déclare : "C’est OK". Khaled, qui reste debout pendant tout "l’examen", demande : "Je saigne de la tête, je veux être soigné". Les policiers refusent : il n’est pas venu pour des soins. Le médecin demande ensuite s’il a des soucis de santé. Khaled explique qu’il a des problèmes au coeur. Mais le médecin en reste là, il ne prend pas la peine de l’ausculter. Khaled demande alors un certificat consignant toutes ses blessures. Les policiers refusent, déclarant qu’ils sont venus pour eux, pas pour lui. Khaled n’ose plus rien demander, il a peur des représailles. L’"examen" est du même type pour Abdulluahed. Il explique qu’il a une bosse sur la tête, qu’il a très mal. Mais le médecin considère que "ça ira".

Lorsque Karim est emmené à l’hôpital, accompagné de sept ou huit policiers, il est placé dans le couloir de la salle d’attente devant tous les patients. Il se sent humilié. Les policiers rigolent et jouent sur des chaises roulantes. Il est reçu par un médecin, toujours accompagné d’agents. L’un d’eux demande au médecin s’il faut enlever les menottes, ce dernier estime que "ce n’est pas nécessaire, ça va être rapide". Karim n’a pas l’occasion de répondre aux questions du docteur, les policiers s’en chargent : "Il n’a rien, il est en bonne santé, ça se voit". Il n’ose pas protester : il a été menacé sur le chemin de l’hôpital et les policiers se montrent intimidants.

Quant à Nordine, il est conduit à l’hôpital en fourgonnette. Il est tabassé devant le médecin parce qu’il lui parle des 120 euros qui lui ont été volés. Il reçoit un coup de botte dans le visage. Son nez est cassé. Lorsqu’il sort de l’hôpital, les policiers et le médecin rient et se tutoient. Le docteur leur lance : "La prochaine fois, je te donnerai le cachet comme ça tu ne devras plus venir jusqu’ici !".

Ils sont ramenés au poste et passent la nuit dans un cachot, Nordine seul, les trois autres garçons ensemble. Nordine n’est pas soigné et on lui refuse la visite de ses parents. Les trois autres pourront voir leur famille. La radio va à fond dans le couloir, ils ont du mal à dormir. Khaled n’ose pas dormir du tout, il est terrifié d’autant que des policiers viennent les voir plusieurs fois sur la nuit et demandent sans cesse : "C’est qui Khaled ?". On lui répète toute la nuit : "Tu vas aller en prison. Toi et ton frère, votre place est déjà réservée à Forest". Vers 2 heures du matin, on vient prendre leurs empreintes.

Epilogue

Nous sommes le lendemain matin, il est 9 heures. Khaled, Karim, Nordine et Abdulluahed sont emmenés au Palais de justice. Ils y restent jusqu’à 17h30 dans des cellules isolées, sans voir le juge d’instruction. Ils sont inculpés de coups à agents et de rébellion, ce qu’ils ne comprendront qu’à leur sortie, quand ils pourront lire le document qu’on les a obligés à signer et dont seule la partie à signer était visible. Il n’est plus question d’agression sur la personne des ambulanciers - aucune plainte n’a d’ailleurs été déposée en ce sens. Les policiers qui les raccompagnent jusqu’à la sortie du Palais les insultent et les menacent : "Pauvre con, connard, meurtrier", "On sait où tu habites", "La prochaine fois qu’une ambulance viendra, c’est pour ta mère, mais elle n’arrivera jamais" [8] .

Les quatre garçons iront ensuite se faire soigner à l’hôpital Saint-Pierre. Le dimanche, ils retourneront au commissariat, accompagnés d’une équipe de la RTBF [9], pour récupérer leurs dépositions. La plus complète, celle de Khaled, aura mystérieusement disparu et restera introuvable jusqu’au moment où ils porteront plainte à l’Inspection générale de la police [10]

Ils ont déposé une plainte au MRAX le 31 août 2009. Accompagnés d’une juriste et d’une assistante sociale, ils sont allés aux commissariats de Saint-Josse et de Bruxelles-centre pour porter plainte. A chaque fois, les policiers ont refusé d’enregistrer la plainte, prétextant tantôt qu’ils devaient s’adresser au Comité P, tantôt que le commissariat était en manque d’effectif.

Ils ont donc porté la plainte à l’Inspection générale de la police et vont se porter partie civile devant un juge d’instruction [11]. L’affaire est en cours. Les quatre garçons ont souligné que les multiples caméras dans la rue, dans le commissariat, à l’hôpital ou au Palais de justice permettent d’identifier facilement leurs agresseurs et ont demandé la saisie des images vidéo à l’Inspection générale. A moins que ces images ne "disparaissent", elles aussi... Car il est malheureusement probable que si les policiers agresseurs sont condamnés - ce qui n’est pas gagné d’avance - ils n’auront vraisemblablement droit qu’à un blâme ou un transfert. Car la violence légale, et particulièrement policière, bénéficie d’une large impunité [12].

La juriste du MRAX que nous avons eue en ligne [13] nous a expliqué que depuis le mois d’août, huit plaintes du genre ont été déposées via le MRAX, sans compter les appels téléphoniques. Cette juriste a également rédigé un projet de plainte à l’attention de l’Ordre des médecins, concernant le comportement inadmissible des médecins urgentistes [14]. L’Ordre des Médecins, contacté par ses soins, a d’ores et déjà expliqué qu’aucune règle spécifique n’existe en ce qui concerne les personnes en état d’arrestation amenées à l’hôpital.

La brutalité de la police bruxelloise est connue [15]. La Cour européenne des droits de l’homme a d’ailleurs condamné la Belgique en mars 2009 pour torture, traitements inhumains et dégradants ainsi que pour discrimination raciale [16]. Les policiers savent qu’ils peuvent faire à peu près ce qu’il veulent [17]. Cette violence, tant physique que verbale, crée forcément la méfiance et la colère chez les jeunes "macaques" qui ont à la subir quotidiennement. Et l’on s’étonnera que leurs quartiers seront les plus prompts à se révolter. Est-ce ainsi que l’on conçoit la "sécurité" de la population ?

Christine Oisel

"J’avais l’impression d’avoir été kidnappé par une bande de malfaiteurs"

Jeudi 17 décembre 2009. Première neige sur Bruxelles. Nous avons rendez-vous avec Khaled à son bureau. Il travaille dans une association d’aide aux jeunes. Nous rencontrons un homme visiblement encore ému et éprouvé, trois mois et demi après les faits. A plusieurs reprises, les larmes lui montent aux yeux. Les blessures physiques sont peut-être guéries (ce qui n’est pas le cas pour Nordine, qui doit encore être opéré du nez), mais la violence psychologique a laissé des traces.

Il nous parle de la peur permanente qu’ils ont ressentie durant ces 24 heures, et encore après. De ce sentiment éprouvé sous les coups que le temps s’était arrêté, que plus rien n’était réel. Un cauchemar éveillé. "J’avais l’impression d’avoir été kidnappé par une bande de malfaiteurs". Il poursuit : "Si des ’jeunes’ avaient fait ça, ils seraient poursuivis pour association de malfaiteurs en bande organisée. Mais le plus grave ici, c’est que nos agresseurs avaient autorité sur nous". Un sentiment d’injustice bien sûr : "Non seulement on ne s’est pas défendus, mais on faisait profil bas, on disait ’s’il vous plait’ à chaque phrase, on ne demandait pas, on suppliait".

Khaled est très calme et déterminé à tout faire pour prouver non seulement qu’il est innocent, qu’il n’a frappé aucun policier (ni ses trois autres compagnons d’infortune), mais également qu’ils sont les victimes. Victimes d’une violence organisée. Depuis leur agression, il compile les articles révélant des brutalités policières. Il les a envoyés à une parlementaire, Valérie Déom, qui a relayé les faits dans une question publique au Ministre de l’Intérieur le 18/11/2009. Lors de son intervention, elle a également fait état d’un "autre témoignage [...] de policiers qui ont fait partie de cette zone (Bruxelles-Midi) [qui] parlent de violence institutionnalisée et d’enquêtes internes sabordées". [18].

Il sait que c’est sa parole contre la leur. Il sait que ce ne sera pas facile, notamment financièrement. Il espère que les images vidéo parleront. "Mais vous savez, lui disons-nous, il y a de grandes chances pour qu’elles disparaissent, elles aussi..." - "Oui, mais ce sera la preuve qu’ils ont quelque chose à cacher".

C.O.

Notes

[1Plainte déposée au MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) le 31 août 2009

[2Khaled expliquera que sur place, il avait seulement la famille de la jeune femme, des femmes et des enfants, contrairement à ce que la police a consigné dans son rapport, à savoir qu’une trentaine de "jeunes" entouraient les ambulanciers et les empêchaient de faire leur travail. Version reprise par la DH du 03/09/09 dans une brève : "Des pompiers, qui réanimaient un malade sur la voie publique, sont insultés et maltraités par des jeunes" ! Le père de la jeune fille (décédée des suites de son attaque cardiaque), présent également sur les lieux, a confirmé le témoignage de Khaled.

[3Elle prévient également les parents des trois autres garçons.

[4Ce sont des voisins qui viendront la secourir.

[5Il ne récupérera que 20 euros quand il sera libéré

[6Selon lui, cet officier aura toujours un comportement correct.

[7L’un d’eux a un bandage sur la main, l’autre un sparadrap au coude...

[8Khaled nous dira qu’il a eu l’impression d’être jeté sur le trottoir comme un vulgaire sac poubelle. Il lisait la frustration des policiers dans leur regard, visiblement énervés de devoir les relâcher.

[9Un sujet passera au JT du soir, le dimanche 30/12/09. Le journal Le Soir y consacrera également un article : "Parole de flic ou parole de jeune ?", 01/09/09

[10Khaled signalera alors cette "disparition". Il ne faudra que deux coups de fils pour qu’elle soit "retrouvée" en dix minutes.

[11A l’exception d’Abdulluahed, fortement atteint moralement, qui préfère ne plus en entendre parler.

[12Lire à ce propos "Quand la violence (est) tue"

[13Le 11 décembre 2009

[14On peut raisonnablement se demander s’ils ne font pas, eux aussi, l’objet de pressions policières... Quoi qu’il en soit, le cas n’est pas isolé : ainsi, la juriste du MRAX nous a rapporté l’histoire d’un homme d’une cinquantaine d’années, arrêté sur des bases étranges, tabassé (il a eu une côte cassée) et conduit à l’hôpital. L’homme, paralysé du côté droit, bénéficie d’une carte d’handicapé à 66%. Le médecin qui l’a reçu aux urgences a estimé que tout allait bien pour lui...

[18Réunion commune des Commissions de l’Intérieur, des Affaires générales et de la fonction publique, et de la Justice, 18 novembre 2009, p.3

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0