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Changez-moi ce système, bordel !

mardi 18 janvier 2011, par JIM

L’année 2011 commence en fanfare. En Tunisie, la rue a finalement obtenu, après des semaines de protestations très violemment réprimées, le départ du despotique président Ben Ali.

Pourtant, en 2008, la Tunisie représentait pour le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), le "socialiste" Dominique Strauss-Kahn, un exemple à suivre. En 2011, nous ne pouvons qu’espérer que l’exemple du peuple tunisien sera effectivement suivi.

L’année écoulée a déjà vu nombre de populations se lever pour refuser les diktats des institutions internationales comme le FMI qui veulent faire payer le coût de la crise aux populations toutes entières, obligeant les gouvernements à appliquer la "rigueur", l’"austérité" et à "réduire les déficits". Autrement dit : tailler dans les budgets sociaux, réduire encore et toujours les mécanismes de solidarité, lacher la bride aux patrons et aux financiers et augmenter l’emprise des grandes entreprises sur les économies nationales et internationales...

Eh bien, ces recettes, appliquées depuis plus d’un quart de siècle aussi bien par une droite décomplexée que par une "gauche" définitivement acquise aux marchés, les peuples qui les subissent commencent à les trouver indigestes et à le faire savoir à ceux qui se chargent de les administrer. En Grèce, en Italie, au Portugal, en Espagne, au Royaume-Uni, en Irlande, en Islande, en France et maintenant dans les pays du Maghreb, un peu partout dans le monde de larges mouvements sociaux se sont mis en marche pour contester ces politiques qui ne bénéficient principalement qu’aux plus nantis.

Et en Belgique ?

Ici aussi on ressent un tressaillement dans la population. Mais au contraire des exemples évoqués plus haut, point de contestation du gouvernement et de sa politique. Bien au contraire, ici, on veut manifester pour avoir un gouvernement !

Si la frustration d’une partie de la population face à l’échec des négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement peut être compréhensible, on aurait pu espérer qu’elle donne lieu à une reflexion critique vis-à-vis du système actuel et de ceux qui depuis des décennies ont mené les politiques économiques et les réformes institutionnelles qui ont abouties à la situation actuelle. Signe des temps, cette frustration n’a pas vraiment trouvé de relais politique, syndical ou associatif, à l’exception notable du... patronat.

Plutôt que de se focaliser sur un problème de forme, l’absence d’un nouveau gouvernement, dont la résolution ne fera que prolonger et accroître les difficultés structurelles présentes, on aurait pu espérer voir émerger un questionnement de fond et la volonté de changer les règles d’un jeu dont le citoyen lambda reste l’éternel perdant.

Bref, nous ne pouvons que souhaiter, à tous ceux qui nous lisent, en Belgique et dans le monde, de prendre de bonnes révolutions pour 2011, pour plus de liberté, d’égalité, de justice sociale et de solidarité internationale...

Le JIM

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