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La révolution au programme ?

Interviews de trois organisations politiques de gauche radicale

jeudi 4 novembre 2010, par Gérard Craan

Quoi de plus illégal que la révolution ? Les militants révolutionnaires se battent pour un renversement du système dans lequel ils vivent. Souvent, ils s’organisent en parti, y compris en Belgique. Pour autant, ils n’agissent pas le couteau entre les dents ou baïonnette au fusil. De quelle manière « préparent »-ils la révolution, comment la conçoivent-ils, que veulent-ils ? A travers trois interviews de militants, à même de présenter la position officielle de leur organisation, cet article donne les positions de deux partis politiques, la Ligue Communiste révolutionnaire et le Parti du Travail de Belgique, et d’une organisation « pré-parti [1] », La Lutte.

La méthode suivie pour ces interviews, est disponible ici (pdf), de même que l’intégralité de ces entretiens. Nous en recommandons la lecture.

Nous avons interviewé Anne, membre de la Lutte, Ataulfo Riera, membre du secrétariat de la direction nationale de la Ligue Communiste Révolutionnaire - Belgique et Benjamin Pestieau, président de l’organisation de jeunes du Parti du Travail de Belgique et porte-parole bruxellois du PTB. Pour un bref aperçu de ces trois organisations, voir notre encadré en fin d’article.

Une révolution nécessaire

Pour ces trois partis, le système dans lequel on vit est profondément injuste et inégalitaire. Pensons au milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde, aux profits réalisés par les entreprises et groupes financiers, au faible nombre de « démocraties réelles », à la piètre qualité de ces démocraties, qui ne reflètent pas la volonté du peuple et n’en représentent qu’une partie [2].


Revolution (cc) Chris Corwin

Pour Anne, de la Lutte, il y a deux classes sociales, celle des personnes qui doivent vendre leur force de travail et l’autre, formée de ceux qui détiennent les moyens de production. La perspective pour l’avenir de l’humanité est que l’ensemble des travailleurs prennent les choses en main et qu’une révolution exproprie les capitalistes de la propriété des moyens de production. Benjamin Pestieau note que le PTB veut que le pouvoir soit réellement aux mains du monde du travail, qu’il y ait une réelle démocratie participative. Pour autant, indique Ataulfo Riera, de la LCR, si l’on part d’un deuxième niveau, la situation actuelle en Belgique et en Europe, la période n’est pas révolutionnaire. Donc, ce que l’on fait aujourd’hui relève de la tactique, subordonnée à la stratégie [3]. Si je fais le parallèle avec les années ’30, on constate le même phénomène : une crise historique du mouvement ouvrier. Mais en fait, il s’agit bien plus que de « la crise de sa direction révolutionnaire » (Trotsky) car, aujourd’hui, nous avons en plus de cela un problème de conscience de classe. C’est un terrible recul depuis vingt, trente ans. Il n’y a pas non plus d’organisation politique de masse des travailleurs et nous devons trouver une réponse.

Et la réponse est multiple. Beaucoup penseront peut-être aux moyens les plus visibles, souvent évoqués : la lutte armée, la guérilla, une victoire massive aux élections, ou encore une grève générale que l’on espère annonciatrice du Grand Soir. Est-ce un fantasme ou au contraire, quelque chose de réaliste et d’applicable à la Belgique ou à l’Europe en 2010 ?

Tous trois ne reconnaissent pas la lutte armée comme moyen d’action viable ici et maintenant (A ce sujet, lire La lutte armée révolutionnaire en Belgique : une histoire occultée). Sans néanmoins la rejeter unilatéralement. Elle peut se faire ailleurs. Aux Philippines, explique Benjamin, des communistes ont pris les armes [4]. Qui suis-je pour dire que c’est juste ou non ?

Ou à un autre moment. Et Ataulfo de donner deux exemples On peut (…) citer un parti d’opposition à la dictature argentine [5] des années septante ou encore la période où nos camarades basques étaient majoritaires au sein de l’ETA [6], sous la dictature franquiste.

Et, clairement, il n’y a pas de révolution sans violence. Les adversaires ne se laissent pas faire et, dans certaines circonstances, il faut être déterminé. De la violence est imposées aux travailleurs, y compris dans la vie quotidienne, complète Anne. Et ce, même si le PTB est Aujourd’hui, (...) contre la violence et en premier lieu contre la violence qui s’exerce contre le monde du travail.

Les avis sont plus partagés sur le rôle du parlement et des élections. Le PTB et la LCR y voient avant tout un moyen pour faire entendre la voix des travailleurs, lui donner un écho plus large (PTB), d’être au service des luttes,[de] contribuer à élever la conscience de classe, et pas l’inverse (LCR) et, clairement, les élections sont subordonnées à la lutte extra-parlementaire. De son côté, la Lutte s’interroge plus globalement sur la réforme et la révolution. [La question de la réforme] (NDA : symbolisée entre autres par une entrée au Parlement), a été posée de manière dramatique avec la première guerre mondiale. Une grande partie du mouvement ouvrier a reculé devant la question de la révolution [7].

La vision du PTB est, elle, différente. Les communistes ont toujours été les meilleurs défenseurs de la réforme. Mais la réforme n’est pas un point final. Il y a toujours eu des luttes pour les réformes : la journée de huit heures, les congés payés, le suffrage universel. La question n’est pas de défendre ou non des réformes. La question concerne comment on envisage la lutte pour des réformes. Je le répète, une réforme n’est pas un point final. L’exploitation du monde du travail ne finit pas avec une taxe des millionnaires. L’exploitation du monde du travail ne finit pas avec la journée des 8 heures. Mais le mouvement qui l’obtient améliore la vie des travailleurs et peut améliorer la conscience de leur force collective. Si on en tire les bonnes leçons, c’est un mieux pour les luttes futures, toujours plus larges et plus profondes. C’est cela qui diffère les courants révolutionnaires des courants réformistes.
De plus, les courants réformistes peuvent être en théorie d’accord avec des éléments de réforme proposé par un parti révolutionnaire, formellement le PS défend l’impôt sur la fortune mais est-ce que le PS mène réellement campagne pour la taxe des millionnaires ? J’attends toujours.

Et de poursuivre...

De notre côté, nous voulons créer un réel rapport de force. Notre priorité, c’est la mobilisation du monde du travail. L’arène parlementaire doit servir à soutenir cette mobilisation. Pas l’inverse. Dans le meilleur des cas, les réformistes sont enfermés dans le rapport de force parlementaire.

Si on va plus loin dans l’analyse théorique, il faut comprendre qu’il y a toujours un double contenu dans la réforme. En langage dialectique, on dirait qu’il y a unité des contraires. Et que comme toute unité des contraires, cette unité porte en elle les contradictions futures qui entraîneront de nouveaux mouvements. Une réforme est à la fois le fruit positif du rapport de force dans ce qu’elle apporte de bon au monde du travail et à la fois le fruit négatif de ce même rapport de force dans le sens qu’elle incarne les limites que le monde du travail à pu établir dans sa lutte avec le capital. Si on ne comprend que le premier aspect, on tombe dans le réformisme le plus plat et si on ne comprend que le deuxième on tombe dans la maladie infantile décrite par Lénine, le gauchisme.

Un stand LCR lors d’une manifestation (crédits LCR / F.L.)

Enfin, la troisième piste concerne la grève générale. Au moment où les travailleurs de divers pays européens luttent contre les plans d’économies qui les touchent, cette solution est d’autant plus intéressante pour la LCR : C’est un un des modèles les plus plausibles dans des pays comme les nôtres nous paraît être la grève générale active et insurrectionnelle, où l’on appliquerait le contrôle ouvrier, l’élection de comités de grève et leur centralisation qui déboucherait sur une situation de double pouvoir, d’affrontement avec l’Etat bourgeois, etc. Cela souligne évidemment l’importance d’un syndicalisme combatif et démocratique.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, aucun ne s’avance à proposer un modèle de révolution clé en main que nous devrions appliquer mécaniquement (LCR). Anne n’aime pas non plus l’expression « méthode pour faire la révolution ». Encore une fois, on ne va pas courir après des moulins à vent. Nous sommes matérialistes, c’est-à-dire que l’on tente de comprendre comment se font les révolutions, quels sont les bouleversements sociaux. C’est pour cela que nous ne sommes pas des utopistes. Même son de cloche au PTB : A chaque situation concrète sa solution concrète. Nous ne sommes pas dogmatiques mais marxistes. J’ai parlé de dialectique mais un autre élément essentiel du marxisme, c’est le matérialisme. Cela veut dire partir des faits tels qu’ils sont réellement. Donc, les choix à faire varient en fonction de la situation. On ne va pas dire aux résistants de la deuxième guerre mondiale qu’ils auraient dû se battre pour le suffrage universel alors qu’il fallait résister face à l’occupant.

Que faire ?

Dès lors tant la Lutte, que la LCR et le PTB veulent rester réalistes (ce qui ne veut pas dire perdants d’avance) et mènent diverses actions afin de renforcer les bases permettant un changement radical. Sur ce point, les organisations diffèrent fortement.

Elles divergent par rapport au terrain de lutte actuellement privilégié. Pour la Lutte, il est idéal d’avoir des militants qui interviennent sur tous les aspects de la vie mais, admettons-le, on est trop petit pour êtres sur tous les fronts. Cela étant, il y aussi, et c’est important, une question de centralité. Pour nous c’est l’oppression du travail salarié. Les questions d’écologique ou du sexisme par exemple ont la même origine qui est cette oppression du travail salarié. Mais nous ne sommes pas non plus indifférents à ces questions et elles sont traitées dans notre presse. Nous avons une opinion sur ces aspects.

Cette centralité est partagée par la LCR mais elle s’investit aussi très fortement sur d’autres terrains. A notre sens, la classe ouvrière reste le cœur, le point central de ce combat. C’est elle qui fait tourner la machine capitaliste. Et par classe ouvrière, il faut y voir une définition large. C’est l’usine, la manufacture mais aussi les gens qui travaillent dans les services [8]. Cela passe aussi par une lutte contre toutes les formes d’oppression : sexisme, racisme, homophobie. La LCR investit donc différents terrains et tente de créer des ponts entre eux. Par exemple, nous nous sommes fortement impliqués dans le Mouvement des droits fondamentaux (MDF). Nous connaissons une période de crise générale et la recherche de boucs émissaires est très présente. Les jeunes filles musulmanes qui portent le foulard sont une cible tout indiquée. Le MDF défend un enseignement laïc et gratuit mais aussi le droit de porter le foulard. Ensuite plusieurs jeunes filles du MDF ont participé à des actions féministes comme la marche mondiale des femmes [9].

Quant au PTB, il articule ses campagnes nationales avec, entre autres, un travail de forte proximité, dans les "quartiers" et à l’échelon communal : Nous menons notamment des actions via nos campagnes. Par exemple celle pour la taxe des millionnaires. La taxe des millionnaires est une mesure concrète qui peut amener de nouvelles ressources (NDA économiques) pour les gens, elle pourrait réellement améliorer leur vie. En même temps, la campagne pour cette taxe s’oppose à la diminution de la conscience de classe que portent les éléments nationalistes et racistes actuels présents dans la société. Le nombre de millionnaires est très faible, le nombre de personnes qui pourrait bénéficier des revenus de cette taxe est très grand. Si ce ne sont pas les millionnaires qui paient, ce sera le monde du travail. Nous voulons faire ressortir cette contradiction.

Campagne du PTB pour la taxe des millionnaires

Nous menons aussi campagne dans les quartiers. Sur le droit à la prépension, ou la loi INBEV [10], par exemple. Ou dans certaines communes sur les sacs poubelle gratuits.

A travers ces campagnes, nous voulons prendre en main les problèmes des gens, y répondre et dire qu’il est possible de travailler de façon collective, de faire (re-)naître le rapport de force et, face au pessimisme, de (re-)donner confiance en tant qu’individus et en tant que groupe. Nous ne partons pas « perdus d’avance » dans ces campagnes. Si c’était le cas, nous ne ferions que renforcer ce pessimisme. Et c’est vraiment ce que nous ne voulons pas..

Ces aspects sont généralement très structurés et réfléchis. Ainsi, la LCR travaille toujours en articulant trois niveaux de revendications. Des revendications immédiates, liées aux luttes existantes ; des revendications transitoires, que les gens comprennent mais que le capitalisme ne peut pas intégrer sans difficulté et qui impliquent une rupture. Les revendications transitoires changent et s’adaptent selon la période historique. Dans les années trente, en plein développement du fascisme, avec son lot de violences physiques mais aussi dans le cadre de la lutte antifasciste, nous défendions l’armement des ouvriers. Aujourd’hui, une revendication transitoire consiste par exemple à défendre la réduction collective du temps de travail à 32h avec maintien du salaire et embauche compensatoire. Enfin, le troisième niveau de revendication consiste à proposer une alternative globale de société, qui, pour nous, est l’écosocialisme [11].

Pour sa part, la Lutte estime nécessaire que les travailleurs disposent de cadres, de militants formés à la lutte sociale, qui connaissent l’histoire du mouvement ouvrier, la politique de la bourgeoisie. Il faut que les travailleurs aient une organisation capable de réagir en ayant ses propres cadres pour démasquer et dénoncer les propositions de la bourgeoisie et offrir une autre perspective en cas de contexte favorable. Lors de la révolution russe, lors des périodes révolutionnaires, les organisations grandissent parce que les masses viennent. Mais ceux qui ont pu faire la différence, ce sont les bolcheviks, parce qu’ils avaient acquis un capital politique et organisationnel avant la révolution de 1917. C’est que nous essayons de faire même si la période n’est pas géniale et que nous allons un peu à contrecourant. Pour nous, il est important que ce parti, cette organisation soit liée à la classe ouvrière.

En conclusion, ces trois organisations, reconnaissent la difficulté de mener un travail immédiatement révolutionnaire, le contexte ne le permettant tout simplement pas. Elles ont choisi des voies différentes mais chaque fois avec l’objectif commun de renforcer la conscience de classe, l’espoir dans la lutte. Cela ne va pas sans mal mais elles sont loin d’être désespérées ou pessimistes. Laissons le dernier mot à Anne : la dernière fois que la bourgeoisie a été mise en danger nous semble peut-être lointaine sous l’angle d’une génération humaine, mais cela ne représente pas beaucoup pour l’humanité.

Gérard Craan

Le Parti du Travail de Belgique en bref




Le PTB est né à la fin des années soixante sous fond de contestation étudiante à l’Université de Louvain et de conflits sociaux d’envergure. En 1974, il prend officiellement le nom de Tout le Pouvoir aux Ouvriers / Alle Macht Aan De Arbeiders. Il prend le nom de PTB / Partij Van De Arbeiders en 1979.

Il peut à l’époque être défini comme parti marxiste-léniniste à forte influence maoïste. Du point de vue international, le PTB soutient en particulier les système cubain, chinois et vietnamien. D’autres positionnements de l’époque sont nettement plus polémiques au sein de la gauche radicale.
Le PTB a récemment connu deux tournants stratégiques majeurs. le premier, en 2003, se base sur une alliance avec la Ligue arabe européenne. Le PTB a considéré cela comme un échec relatif. Son congrès de 2008 symbolise un autre choix : rapprochement avec les syndicats, mise en avant de problématiques très concrètes au moyen de campagnes, etc.
Le PTB est également entouré d’un réseau de maisons médicales (Médecine pour le Peuple), de cabinets d’avocats progressistes (Progress Lawyers network). Il édite un journal hebdomadaire, Solidaire.

La Ligue Communiste Révolutionnaire en bref




La LCR est née en 1928 après l’exclusion de ses militants du Parti communiste, à la suite de celle des partisans de Trotsky en URSS. Pendant 10 ans, il y eu la volonté de « régénerer » les PC. Avec la fondation de la IVe Internationale, elle s’est créée en parti en 1938 sous le nom de PSR, pour Parti Socialiste révolutionnaire. Et, comme le mentionne son site, à la fin de la IIe guerre mondiale, la section belge de la IVe Internationale prendra le nom de Parti Communiste Révolutionnaire avant d’entamer la période dite de « l’entrisme » au sein du Parti Socialiste Belge. En 1971, la fusion de divers groupes et courants donne naissance à la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs (1971), qui deviendra le Parti Ouvrier Socialiste en 1984 et enfin la Ligue Communiste Révolutionnaire depuis décembre 2006 [12]. La LCR est également présente en Flandre sous le nom de Socialistische Arbeiders Partij.

La Lutte en bref




La Lutte est née en 1994, période de tensions sociales en Belgique avec le Plan Global, vaste plan d’économie imposé à la population par le gouvernement PS-SP-CVP-PSC . A la même époque se développa un vaste mouvement étudiant tant dans les futures Hautes Ecoles que dans les universités.

La Lutte est essentiellement présente dans les entreprises, dont la STIB. Elle diffuse régulièrement son journal, la Voix des travailleurs et dispose d’un site web www.lalutte.be. Elle tient également des réunions publiques, dont l’agenda se trouve sur son site web

Si on devait positionner politiquement la Lutte, on peut dire que ses idées sont très semblables à celles défendues par Lutte Ouvrière, l’organisation française anciennement symbolisée par Arlette Laguiller et à présent remplacée à la fonction de porte-parole par Nathalie Arthaud.

G.C.

Notes

[1Par « pré-parti », il faut comprendre une organisation qui se veut la base du futur parti communiste, considérant que le contexte du moment ne permet pas la création d’un parti communiste

[2Citons Benjamin Pestieau expliquant qu’en Belgique il n’y a aujourd’hui aucun ouvrier membre du Parlement. (…)Les membres de partis traditionnels issus du peuple ne restent jamais élus très longtemps.

[3On distingue l’idéologie, la stratégie et la tactique. Soit respectivement le monde dont on rêve les objectifs que l’on détermine pour y arriver et enfin les moyens concrets mis en œuvre pour ce faire. Ce trio idéologie-stratégie-tactique fait partie du b.a.-ba communiste

[4Tant le PTB que la LCR ont cité l’exemple philippin. Nous donnons un lien vers un article de la LCR.

[5Lire ici. Il y avait en réalité plusieurs organisations de lutte armée contre la dictature argentine

[6l’organisation indépendantiste basque n’a pas toujours été guidée exclusivement par le nationalisme. Elle a notamment, après la deuxième guerre mondiale, symbolisé l’opposition armée au franquisme dans une perspective socialiste. On en trouve une mention ici. Lire également cet article.

[7NDA Le vote des crédits de guerre par de nombreux partis socialistes, avec leur inclusion, à la suite de ce vote, dans des gouvernements d’union nationale a mené à des réformes. Mais a brisé le mouvement ouvrier international et traduit l’échec de la deuxième internationale, qui refusait la perspective d’une guerre servant les intérêts capitalistes. Voir par exemple cette déclaration commune, parue peu avant la Première guerre mondiale. On y sent nettement la volonté pacifiste mais aussi l’imminence de la guerre et l’impuissance déclarée des partis socialistes français et allemand à lutter contre.

[8En clair : la majeure partie du salariat

[9Sur ce point, lire aussi l’interview intégrale d’Anne, qui donne un point de vue tout à fait différent

[10La loi INBEV est une campagne du PTB visant à interdire par la loi les licenciements dans les entreprises bénéficiaires. Elle tire son nom de la grève victorieuse, en 2009, des travailleurs des sites belges du groupe brassicole AB-INBEV, anciennement INBEV. Les travailleurs, en front commun, ont réussi à faire annuler, au niveau belge, le plan de licenciement de 10% du personnel dans tous les sites européens du groupe. AB-INBEV est bénéficiaire. Voir ici.

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