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Enseignement

Reprises de l’été : Edito 8

dimanche 29 août 2010, par Chris B., Christine Oisel (Date de rédaction antérieure : 20 mai 2010).

[*Edito paru le 20 mai 2010 dans le "Numéro 8" du JIM*]

L’enseignement a toujours suscité un intérêt particulièrement marqué. Au-delà de l’aspect strictement pédagogique et méthodologique se pose également la question du rôle de l’école dans la société. A quoi sert-elle ? A quoi doit-elle servir ? Dans une vision émancipatrice, l’école devrait permettre aux adultes de demain d’acquérir non seulement des connaissances, mais également les outils nécessaires afin qu’ils puissent poser des choix de vie conscients. Or, on le sait, l’école constitue l’un des premiers lieux de reproduction sociale. Il est donc permis de s’interroger sur les valeurs et les discours qui y sont transmis dans nos « démocraties » capitalistes.

C’est la démarche de Gérard Craan qui, dans L’école (entre-)prise d’assaut, s’intéresse à la manière dont l’école, soumise à la logique et aux exigences du secteur privé, inculque aux enfants dès leur plus jeune âge « l’esprit d’entreprise ». Des entreprises qui poussent et parviennent adapter les programmes des cours de manière à satisfaire leurs propres besoins en future main-d’œuvre : ce point précis fait l’objet du second volet de l’article, L’école (entre-)prise d’assaut : deuxième partie.

Les contenus sont donc au centre d’importants enjeux sociaux, économiques mais également philosophiques. Eponine Cynidès s’interroge pour sa part sur la pertinence de l’enseignement de contenus religieux à l’école : enseigner les croyances et les dogmes liés à une religion fait-il partie des attributions de l’école ? A lire dans Cours de religion à l’école ; et si l’on se préoccupait de l’intérêt de l’enfant ?.

Face aux questionnements multiples et nécessaires sur le rôle de l’école, différents projets pédagogiques alternatifs sont mis en œuvre depuis des décennies. Pierre Hère nous présente l’un d’entre eux, né en Belgique en 2008 : Pédagogie Nomade. Une école différente, basée sur le fonctionnement démocratique, l’autogestion et le décloisonnement, qui permet dans bien des cas de récupérer des élèves en décrochage dans l’enseignement ordinaire.

Si les matières et leurs contenus reflètent et entretiennent les valeurs que veut transmettre la société, il en va de même pour la façon dont l’école trie et sélectionne les enfants et les adolescents. Les enfants continuent à fréquenter des écoles et à suivre des filières différentes en fonction de leur classe sociale ou de leur origine.

Certains enfants, parce qu’ils souffrent d’un handicap par exemple, connaissent également des difficultés à évoluer dans le cadre de l’école ordinaire. Ceux-là sont majoritairement orientés vers un enseignement dit spécialisé ou adapté. Un système louable dans ses intentions, mais qui ne va pas sans susciter certaines préoccupations dans sa mise en oeuvre. Un système à l’image du lissage imposé par une société qui exclut les faibles et les originaux. Christine Oisel a rencontré le Dr Verheulpen qui revient sur les enjeux et les problèmes liés à ce type d’enseignement dans "Martine va à l’école spécialisée".

Ce tri commence bien avant l’école. La question de l’accès aux études, particulièrement aux études supérieures, reste très largement posée. Renaud Maes dans L’accès à l’enseignement supérieur : à questions idiotes, réponses stupides montre comment les diverses approches suivies jusqu’à présent se révèlent inefficaces et suggère d’en finir avec trois concepts mystificateurs : le talent, l’effort, le mérite.

Et pour tous ceux qui, en fin de parcours scolaire, n’ont que les petits boulots ou le chômage comme horizon ? Eh bien, on utilisera cette Armée de réserve de travailleurs [1] pour fournir au patronat une main-d’œuvre bon marché et corvéable à souhait et ce au travers, notamment, de « plans pour l’emploi ». Le plan Activa : « On a tous à y gagner ». Vraiment ? C’est la question posée par Ariane Lévêque. Ce « plan d’embauche massif » permet aux employeurs qui engagent des chômeurs « difficiles à placer » de bénéficier de réductions de cotisations ONSS tandis que les travailleurs subissent une instabilité financière importante liée à une bureaucratie effrayante et restent assimilés à des chômeurs.

Merci à Arianne, Christine, Eponine, Gérard, Renaud pour leur participation à ce numéro.

Chris et Christine, pour l’équipe de JIM

Notes

[1K. Marx, Le Capital, Livre I, Chapitre XXV. Voir :
http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-3.htm

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