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Consumérisme

Reprises de l’été : Editorial n°4

lundi 9 août 2010, par Ode (Date de rédaction antérieure : 14 janvier 2010).

JIM 04 - CONSUMERISME - DEC.-JAN.
[*Edito paru le 14 janvier 2010 dans le "Numéro 4" du JIM*]

L’homo sapiens sapiens occidental semble être une espèce qui voue une majeure partie de son existence à l’achat et l’acquistion de biens. Dans un tel contexte, un numéro sur le consumérisme – à comprendre comme l’idéologie où la consommation occupe une place capitale – ne pouvait être démesure.

C’est généralement dès la naissance que l’humain occidental est confronté à sa première acquisition : le jouet. Les propos d’Anne Morelli, recueillis par Christine Oisel, nous montrent que cette première acquisition vise à participer à la construction sociale de l’individu, à orienter le comportement ultérieur de l’enfant. Dans cette optique, certaines marques commercialisent des imitations d’ustensiles ménagers frappés de leur logo (ustensiles de nettoyage, cuisine, bricolage…). Dans de tels cas, la première acquisition prend donc les formes d’un apprentissage de la consommation future.

Mais que consomme l’homo sapiens sapiens au cours de son existence ?
Parmi les achats les plus répandus, on trouvera très certainement une multitude de gadgets électroniques dont le rythme de consommation est souvent proche de la frénésie. L’article de Franz Tofer nous invite cependant à réfléchir à notre quota de consommation de tels gadgets en survolant le bilan écologique et humain de leur production.

Les gadgets électroniques ne sont cependant pas les seuls biens dont la production massive entraîne des conséquences humaines et écologiques désastreuses : ce constat peut être étendu à la majeure partie des biens quand la volonté de toujours produire plus mène à un profond malaise, tant physique que psychologique, dans la sphère du travail, ou encore quand les ressources énergétiques nécessaires à leur production sont à mettre en étroite relation avec une altération de l’environnement et du climat. Le bilan humain sera abordé de façon un peu plus exhaustive dans un prochain numéro sur le travail. Quant aux conséquences écologiques, elles ont été abordées dans le numéro précédent sur l’écologie et le capitalisme. Un article hors-thème de ce numéro est cependant consacré aux motivations de militants qui se sont rendus au sommet de Copenhague sur le climat, leurs propos ont été recueillis par Gérard Craan.

Affirmer que tous les individus ignorent les conséquences négatives de leur consommation serait erroné, la preuve en est que certains souhaitent s’orienter autant que possible vers les produits issus du commerce "équitable". Didier Brissa pose cependant un regard critique sur de tels produits en énonçant dix points en leur défaveur. Il ne faut en effet pas oublier que le commerce "équitable" reste un commerce et qu’il n’échappe donc pas aux tares qui lui sont propres.

Ces articles mettent en évidence des conséquences néfastes de notre mode de consommation, mais dans la société occidentale actuelle il nous est impossible, ou du moins très difficile, de cesser toute consommation. D’autant plus que les processus incitant, voire forçant, à la consommation ne manquent pas [1]. Néanmoins, nous avons toujours la possibilité de mieux penser nos achats, notamment en réduisant la quantité de biens achetés : si certains biens n’ont qu’une utilité artificielle (généralement créée par la publicité), d’autres peuvent être réutilisés. A ce sujet, Damien nous présente un mode de consommation alternatif basé sur la récupération et les échanges sociaux.

Les échanges sociaux, bien souvent estompés dans le mode de consommation actuel, se trouvent au cœur du témoignage de Monsieur A où est décrite une communauté qui pourrait être l’esquisse d’un monde où l’argent ne gouvernerait plus et où l’entr’aide serait seule maîtresse.

La chronique culture, rédigée par Gérard Craan, fait écho à ces témoignages en nous présentant Le Cantique de l’Apocalypse Joyeuse d’Arto Paasilinna, où, au cœur d’un chaos mondial croissant, se construit une communauté villageoise qui se veut autonome. Tout ne se passe cependant pas sans heurt...

Enfin, ce numéro propose également deux articles hors-thème : un témoignage sur les activités sportives de la police de Bruxelles-Midi et un article qui soulève la question de la lutte contre la pauvreté aux yeux du nouvel ordre mondial.

Merci à Céline, Christine, Damien, Didier, Franz, Gérard et Monsieur A qui ont participé à ce numéro.

Ode, pour l’équipe du JIM

Bannière : Ode

Notes

[1Campagnes publicitaires incitant à la consommation, mais aussi impossibilité de réparer certains objets (qui exigent une expertise, dont l’ouverture est bloquée par le fabriquant ou encore dont l’ouverture entraîne une perte de garantie, etc.), dégradation rapide des produits de haute technologie (voitures, gsm, lessiveuses, etc.) ou encore multiplication des exigences sanitaires de la sécurité privée et publique.

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