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Témoignage

Mexique : L’autonomie réprimée dans le sang

jeudi 7 mars 2013, par Christine Oisel (Date de rédaction antérieure : 6 octobre 2010).

Dans l’Etat d’Oaxaca, au Mexique, la révolte face aux inégalités sociales a commencé en 2006. Le soulèvement a pris un tournant libertaire au travers de projets d’autodétermination locale. Le gouvernement a répondu par la répression, massive et brutale. Depuis le mois de janvier 2010, la commune de San Juan Copala subit un véritable siège paramilitaire. Une caravane d’observateurs des droits humains, venue tenter de briser l’encerclement, a été violemment attaquée par des paramilitaires. Deux personnes sont mortes sous les balles. Nous avons rencontré Davide, qui faisait partie de la caravane. Il témoigne de l’attaque et nous livre ses impressions sur la situation.

La commune de San Juan Copala, localité de la région triqui, dans l’ouest de l’État de l’Oaxaca, au Mexique, subit une violente répression gouvernementale depuis qu’elle a décidé de s’autogérer en créant une « municipalité autonome » en 2007 (Lire l’encart). Harcèlement brutal de la part de la police, des militaires et des groupes paramilitaires, enlèvements, viols, meurtres, tout semble permis pour faire craquer ces peuples en lutte. La répression s’est encore intensifiée en janvier 2010 avec l’instauration d’un véritable siège paramilitaire, toujours en cours : les routes sont bloquées par l’UBISORT, l’un des groupes paramilitaires, les populations privées d’eau potable et d’électricité, personne ne peut entrer ou sortir de la commune - pas même les médecins ni les enseignants... Une situation proprement intolérable.

Des associations - surtout locales - et des observateurs internationaux des droits humains ont décidé d’organiser, en avril 2010, une caravane [1] afin de tenter de briser l’encerclement dans lequel se trouve la communauté autonome. Le 27 avril, la caravane fut violemment attaquée par des paramilitaires au service du gouvernement [2] et n’atteignit jamais Copala. Deux personnes sont mortes sous les balles : Beatriz Alberta Affection Trujillo, membre de CACTUS et Jyri Antero Joakkola (observateur finlandais) [3]. Une attaque vivement dénoncée par les organisations membres de la caravane dont VOCAL [4] et au travers de sites d’information militante, mais passée sous silence dans les grands groupes de presse.

Voici le témoignage de Davide, qui faisait partie de la caravane en tant qu’observateur européen.

JIM : Tu faisais partie de la caravane qui voulait se rendre dans la commune autonome de San Juan Copala : quel était votre objectif ?

Davide : L’objectif était d’abord d’exprimer notre solidarité à ces communautés qui se sont proclamées autonomes et qui, de ce fait, ont subi ces dernières années et subissent encore une forte répression. La commune avait d’abord été fermée par les paramilitaires, puis quand les gens du village ont repris la municipalité pour relancer ce projet d’autonomie, un siège hyper-violent a commencé : on leur a coupé l’eau, l’électricité, on ne les a plus laissé entrer ou sortir, des gens ont été assassinés - on dénombre environ 25 morts à Copala depuis le début de l’année. L’idée était donc de leur exprimer notre solidarité, mais également d’alerter les médias sur leur situation. Mais on ne nous a pas laissé passer.

Comment s’est passée l’attaque ?

Il faut savoir que, déjà avant, le gouvernement mexicain avait déclaré qu’aucune caravane ne pourrait passer et qu’il n’assumerait pas de responsabilité en cas de problème. De notre côté, on s’était dit que nous verrions bien les conditions que les paramilitaires fixeraient pour qu’on passe et qu’en cas de blocage, on ferait demi-tour. Quand nous sommes arrivés, des pierres bloquaient la route. Nous nous sommes arrêtés pour faire marche arrière mais une vingtaine de paramilitaires, embusqués sur les côtés de la route, ont immédiatement commencé à tirer sur nous. Ils nous ont entourés et ont tiré sur la camionnette et les deux voitures de la caravane.

L’attaque était donc préméditée et les paramilitaires ont tiré avec intention de blesser ou de tuer, sans tirs de sommation...

Les premiers tirs visaient la camionnette. C’est ainsi que deux personnes présentes dans la camionnette, Yuri et Bety, ont été touchées par les tirs et sont mortes très rapidement. Moi et les autres, on a sans doute été sauvés par une meilleure position dans les voitures.

Que s’est-il passé après l’attaque ? Vous avez été arrêtés ?

Certains d’entre nous se sont enfuis dans la forêt ou ont tenté de s’enfuir mais se sont fait rattraper et arrêter. Moi par exemple, j’étais déjà assez loin mais les paramilitaires ont attrapé des personnes et les ont obligées à nous appeler. Je suis donc revenu. D’autres se cachaient comme ils le pouvaient dans les voitures. Les chauffeurs essayaient de faire marche arrière. Une voiture est restée sur place et ses occupants ont été arrêtés. Puis, ils nous ont emmenés dans la forêt pour nous interroger, ils nous ont pris le matériel audiovisuel , l’argent - même si ce n’était pas leur vraie préoccupation - et nos papiers. Ils ont gardé les documents des personnes mexicaines et les ont menacées de mort. Au bout d’une demi-heure environ, ils nous ont relâchés.

Une deuxième caravane a été organisée en juin 2010. Amnesty International avait lancé un appel au gouvernement pour qu’une route sécurisée soit garantie, ce que les autorités avaient refusé. Que s’est-il passé ?

Cette deuxième caravane était principalement organisée par des associations locales d’Oaxaca. Il y avait environ 400 personnes. Mais elle n’a pas pu passer non plus. Cette fois, le gouvernement avait mis en place un important dispositif militaire et policier - police de l’état et fédérale - pour, officiellement, protéger la caravane. Sur son parcours, celle-ci a été bloquée plusieurs fois par la police. A un moment, le procureur qui dirigeait les opérations policières s’est entretenu avec le chef des paramilitaires et a proposé quelque chose de ridicule : la caravane pouvait entrer si elle était escortée par les paramilitaires et si le nombre de membres de la caravane ne dépassait pas celui des paramilitaires... Ce n’était pas envisageable et la caravane a poursuivi sa route. Il y a eu de nouveaux contrôles et des tirs de balles. Finalement, elle s’est résolue à faire demi-tour.

Comment s’organisent les gens de ces communautés face à une telle répression ?

Ils ne savent plus vraiment quoi faire. Il y a des personnes qui représentent la communauté autonome à l’extérieur de la commune, y compris à México, la capitale, et qui tentent de faire bouger les choses en dénonçant ce qui se passe. La communication avec les gens qui sont dans la commune est évidemment très difficile mais il y a parfois des contacts par téléphone satellitaire. A l’intérieur, ils n’ont pas vraiment de moyen pour se défendre. Ils sont pris au piège de la répression. Pour eux, lutter avec des armes n’est pas une option : d’une part les paramilitaires sont très nombreux et bien armés, d’autre part ils savent que cela déclencherait une escalade dans la violence dont ils sont victimes... Donc, ils s’organisent surtout pour arriver à sortir de la commune...

Beaucoup de gens alertent les médias mais ici, ceux-ci n’ont pas relayé l’information, seuls les médias militants en ont parlé. Et au Mexique ?

Les médias reprennent la version officielle du gouvernement, à savoir que c’est un problème ethnique entre indigènes. Ils ne parlent pas de l’aspect social et économique du problème ni du projet de communauté autonome ; ils ne disent pas que le gouvernement veut expulser les gens de leurs terres. Pour eux, c’est un conflit entre « communautés indigènes hyper-violentes ».

Le classique prétexte sécuritaire pour réprimer les mouvements sociaux !

Exactement. Que ce soit pour le Chiapas ou pour Oaxaca, c’est toujours la même tactique de détournement, ça justifie la présence de troupes et la répression. Mais par rapport aux discours sécuritaires, la réaction des gens n’est pas la même au Mexique et ici [en Europe], où les discours sur la peur de la criminalité marchent très bien. Là, il n’y a pas une peur généralisée de la criminalité, mais de la répression d’Etat. Et puis, les gens savent qu’il y a d’énormes enjeux économiques. Il y a dans la région de Oaxaca de mega projets miniers, d’autoroutes, mais aussi d’« énergie verte » et de « tourisme écologique » [5]. De nombreuses sociétés européennes et surtout américaines ont des intérêts financiers à défendre là-bas [6]. La Banque d’Investissements européenne a investi un milliard d’euros dans un seul projet d’énergie verte à Oaxaca. Pour réaliser ces projets verts, le gouvernement veut expulser des milliers de gens de leurs terres. La répression des communes autonomes est liée à la défense de ces intérêts financiers. Là-bas, c’est encore plus évident qu’ici que le capitalisme vert reste du capitalisme tout court.

Propos recueillis par Christine Oisel

Quelques repères pour mieux comprendre.

[*L’Etat d’Oaxaca*]

L’Etat d’Oaxaca se situe dans le sud du Mexique. Voisin du Chiapas (à l’est), grand comme trois fois la Belgique, il constitue d’un côté l’un des Etats les plus riches du pays pour sa biodiversité [7] et ses ressources naturelles [8], parmi lesquelles son eau, utilisée pour l’hydroélectricité, et son vent, très fort, précieux pour l’énergie éolienne. Il s’agit donc d’une zone très attrayante pour les entreprises. Un vaste plan de « développement » lancé en 2001 prévoit l’implantation d’activités économiques et la création d’infrastructures (routes, ports, barrages...).

De l’autre côté, le niveau de pauvreté dans l’Etat d’Oaxaca figure parmi les plus élevés du pays. Les inégalités sociales se sont fortement creusées ces dernières années. Près de 460 des 570 municipalités de l’Etat ne disposent pas de services de base [9]. Le développement du tourisme dans la région a provoqué une forte augmentation du coût de la vie. Autour de la capitale Oaxaca de Juarez, attraction touristique du Sud du Mexique, s’étendent des quartiers de misère. La plupart des gens travaillent dans l’agriculture et pour les exploitations de richesses naturelles.

La population de l’Etat est pour la moité composée de peuples indigènes (Seize groupes indigènes s’exprimant dans plus de 22 langues et 150 dialectes) : ils représentent 1,6 millions de personnes sur 3,4 millions d’habitants. Ces peuples sont, depuis toujours, victimes de discrimination de la part des élites blanches. Selon le Conseil National à la Politique de Développent Social (Coneval), 75.7 % de la population indigène du Mexique vit « dans un état de pauvreté multidimensionnel » [10] .

C’est dans ce contexte - situation stratégique de la région, inégalités socio-économiques - que la grève des enseignants de 2006 va cristalliser la révolte mais aussi l’espoir d’une grande partie de la population.

Protesting Oaxaca
(cc) Jacalyn Engler

[*Chronologie de la création de la commune libre*]

- 22 mai 2006 : Les enseignants installent leur traditionnel « plantón » : depuis des années, ce piquet de grève-rassemblement est installé aux environs du jour des instituteurs (le 15 mai). Environ 70 000 enseignants suivent le mouvement de grève et réclament, entre autres, l’augmentation des salaires au vu, notamment, de la hausse dramatique du coût de la vie dans la région. Le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz répond par des menaces et tente de diviser la protestation.
- Juin 2006 : L’attaque violente menée contre les enseignants grévistes par quelque 750 policiers en armes (14/06), au terme de laquelle on dénombrera 200 enseignants blessés ainsi que plusieurs disparitions, provoque la colère de la population qui, jusqu’ici, était restée passive face au mouvement des profs. Des centaines de milliers d’Oaxaqueños descendent dans la rue pour se solidariser avec les revendications sociales des enseignants. Plus de 30 mairies sont occupées. Les habitants, mais aussi des universitaires et des organisations sociales, viennent aider les enseignants qui affrontent avec des pierres et des bâtons les policiers armés. La foule réinstalle le plantón, les instituteurs désavouent le gouverneur et exigent sa démission. Sous l’impulsion des instituteurs, l’Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca (APPO) est créée le 18 juin et réunit quelque 350 organisations : syndicats, collectifs libertaires, groupes de la gauche marxiste, organisations citoyennes, indigènes, de travailleurs, d’artistes, d’étudiants... L’APPO s’inspire des pratiques autogestionnaires des Zapotèques, des Mixtèques, des Mixes, des Amuzgos et autres peuples aborigènes. Dans les assemblées, chacun nourrit la liste des revendications sociales du mouvement.
- Juin - octobre 2006 : l’APPO organise une douzaine de manifestations auxquelles participent des centaines de milliers de personnes [11]. La population s’empare des administrations et crée des organes de gouvernement autonome.
- Juillet 2006 : Les élections fédérales sont remportées par la coalition « Por el Bien de Todos » [12]. Le parti du gouverneur fédéral est en net recul. Les révoltés d’Oaxaca réclament toujours sa démission et mènent une série d’actions symboliques, comme le boycott de la fête traditionnelle de la Guelaguetza, récupérée politiquement et commercialement [13] et l’organisation d’une fête alternative ou encore le blocage de lieux touristiques et d’hôtels.
- Août 2006 : La répression contre la population et l’APPO est continue. Le 9 août, trois militants sont tués, deux leaders de l’APPO arrêtés et plusieurs instituteurs enlevés. Le 21, les occupants de la télévision officielle sont expulsés par des paramilitaires. Immédiatement, l’APPO investit douze radios commerciales. Le 22 août, un « convoi de la mort » [14] se met en route et tire sur les radios occupées. Des barricades sont dressées pour le bloquer.
- Octobre2006 : Un journaliste d’Indymedia New York, William Bradley Roland, est tué le 27 octobre, au cours d’une manifestation. Le 28 octobre, le gouvernement mexicain lance un ultimatum à l’APPO qui doit retirer les barricades et libérer les bâtiments occupés. L’ultimatum est rejeté. Au nom de l’« état de droit », 4000 militaires et policiers fédéraux sont mobilisés. Les barricades sont détruites par la Policía Federal Preventiva (PFP) [15], les occupants sont repoussés par la force. L’occupation policière d’Oaxaca est mise en place, justifiée par la restauration de l’ordre public.
- Novembre 2006 : La PFP attaque l’université (02/10). Quelque 50.000 personnes résistent à l’assaut policier du campus. Après 7 heures d’affrontements violents, la PFP se retire. On déplore une vingtaine de morts et 120 prisonniers. Le 4 novembre, une lettre ouverte de soutien à la population d’Oaxaca, et à sa lutte pour un gouvernement populaire qui reconnaisse les traditions et les valeurs locales est signée par des intellectuels et des artistes [16]. Les 10, 11 et 12 novembre, un congrès constituant est organisé par l’APPO. Environ 250 organisations de l’Etat d’Oaxaca y participent. Le 19 novembre, une manifestation pacifique de femmes organisée pour dénoncer les viols commis par les policiers est brutalement réprimée. Le 25, une marche longue de 8 kilomètres réclame la libération des prisonniers politiques et le départ de la PFP. Cinq manifestants sont tués, 140 sont blessés et une centaine sont arrêtés. Quatre jours plus tard, la PFP occupe l’université et l’ensemble de la ville (29/11). Le lendemain, le gouverneur Ruiz Ortiz annonce que les étrangers prenant part au mouvement seront arrêtés.
De novembre à décembre, une vague d’arrestations est lancée, notamment au sein de représentants de l’APPO.
-  Janvier - juin 2007  : La répression, les nombreuses arrestations conduisent à un essoufflement du mouvement et, surtout, à une division entre les différentes organisations au sein de l’APPO. Si bien que le 2 juin 2007, la 2ème assemblée étatique de l’APPO avoue une crise de fonctionnement « en raison d’une diversité d’idéologies ».

- Juin - novembre 2007 : Cela n’empêche pas 100 000 personnes de redescendre dans la rue pour commémorer le 1ier anniversaire de la répression du mouvement des enseignants et exiger, encore et toujours, la démission d’Ulises Ruiz Ortiz et la libération des prisonniers (14/06). Le 18, les enseignants reprennent leur plantón. L’APPO exhorte la Cour Suprême de Justice à enquêter sur les violations des droits de l’homme dans l’Etat de Oaxaca. Le ministre Juan Silva Meza suggère que la Cour Suprême de Justice enquête sur les violations des droits de l’homme à Oaxaca (12/06). La « Guelaguetza commercial » est à nouveau boycottée (16/07). Les manifestations continuent et la répression ne faiblit pas. Les manifestants dressent à nouveau des barricades contre les « convois de la mort » [17]. Des associations mexicaines des Droits de l’Homme [18] tentent d’assurer une médiation entre l’APPO et les instances de l’État.
- Le 2 novembre 2007 : La première célébration de la victoire de todos los santos (toussaint) de novembre 2006 a lieu, malgré la répression de la PFP qui ne cessera pas.

Con Oaxaca, por Brad Will
(cc) Libertinus Yomango

[*La lutte continue*]

Depuis l’attaque de la caravane en avril 2010, puis l’échec de la suivante en juin, le blocus et la répression se poursuivent. En témoigne ce communiqué de la Commune autonome de San Juan Copala datant du 23 août dernier, au sujet d’une « nouvelle embuscade meurtrière contre la Commune autonome de San Juan Copala » au cours de laquelle trois personnes ont été tuées et deux autres blessées. Malgré la violence, malgré l’isolement, malgré la peur, la population assiégée continue la lutte : « Nous disons clairement que nous ne nous tairons pas, et nous lançons de nouveau à tous les compañeros de la lutte sociale au Mexique et dans le monde un appel à se solidariser avec les communautés de San Juan Copala [...] ».

Quelques jours avant ce communiqué, les femmes de la commune libre de San Juan Copala signaient un manifeste dans lequel elles réaffirmaient leur détermination à résister : « Aujourd’hui, nous voulons dire aussi à ces messieurs de l’Argent que nous nous rebellons, que nous nous soulevons et que nous les accusons avec colère. Que le monde sache que, dans ce pays, nous, les peuples indiens, sommes en résistance : le mauvais gouvernement, obéissant aux ordres du grand capital, a décidé d’anéantir nos peuples pour s’approprier la grande richesse naturelle, que, pendant des siècles, nous avons su conserver pour le bien de l’humanité ; c’est là, le véritable motif de la violence qu’aujourd’hui nous subissons, nous, les Triqui [...] » [19].

Il apparait dans ces déclarations, mais également au travers de nombreux témoignages de personnes présentes aux manifestations, que la contestation dépasse de loin la seule « question indigène ». Certes, ces peuples luttent et doivent continuer à lutter et à résister pour qu’on les respecte, que l’on cesse de les exploiter et de leur prendre leurs terres. Le soulèvement à Oaxaca s’inscrit dans ce mouvement, mais propose également une alternative constructive au système capitaliste. Cette convergence des luttes est nécessaire pour donner une épaisseur et une cohérence au mouvement. La solidarité internationale l’est tout autant, face à un capitalisme mondialisé imposant les mêmes règles à tous.

Leur combat est notre combat. ¡Ya basta !

C.O.

[*Sources :*]

Cet encart n’a d’autre prétention que d’introduire le sujet. A lire, pour en savoir plus :

- Les différents articles parus sur Oaxaca dans le mensuel CQFD : http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?page=recherche&recherche=Oaxaca
- Les différents articles et communiqués parus sur CeMAB.Be : http://cemab.be/news/?comments=yes&keyword=Oaxaca&medium=
- Emission de radio Panik sur San Juan Copala et Oaxaca : http://www.radiopanik.org/spip/Autonomie-et-repression-au-Mexique
- « Autonomie indigène à Oaxaca. », Reportage de Pedro Matias, « Proceso » (journal mexicain), 19 janvier 1997 : http://www.zapata.com/brochures/labas-ici/autonomie.html
- Article « Commune libre de Oaxaca » sur anarchopedia.org : http://fra.anarchopedia.org/Commune_libre_de_Oaxaca (Attention, cet article est pointé comme enfreignant possiblement un copyright).
- Article « La commune autonome de San Juan Copala (Oaxaca) », Francisco Lopez Barcenas, « La Jornada », 10 janvier 2007 : http://www.narconews.com/Issue44/article_fr2499.html

Notes

[1Dans la caravane se trouvaient des membres de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), de la Section 22 du magistère (syndicat des enseignants), de Voces Oaxaqueñas Construyendo la Autonomía y la Libertad (VOCAL), de CACTUS (Centro de Apoyo Comunitario Trabajando Unidos), des membres du MULTI (le Mouvement d’Unification et de Lutte Triqui - Indépendant), ainsi que des observateurs internationaux.

[2Les paramilitaires déclareront aux membres de la caravane qu’ils agissent sous la protection du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz (URO)

[3Plus d’information sur ces deux militants : http://www.cemab.be/news/2010/05/9277.php

[4Voir leur communiqué, traduit en français : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article749

[5NDLR Voir par exemple cette offre de tourisme équitable : http://www.clubaventure.com/renseignements/oame.pdf

[6NDLR EDF, pour prendre un exemple. Le [rapport d’activités 2006 « L’énergie du XXIe siècle » fait état de projets éoliens et hydrauliques dans la région d’Oaxaca (pp.21 et 22). Plus loin, le chapitre « Responsables par nature » est introduit ainsi : « Quand une activité est liée à l’environnement, elle doit rimer avec responsabilité. Responsabilité citoyenne vis-à-vis de la Collectivité, comme responsabilité d’entreprise vis-à-vis des différentes parties prenantes. Les acteurs de l’entreprise partagent tous un même engagement : le respect de valeurs et de bonnes pratiques, ainsi que le respect des territoires et des citoyens ». Bien sûr, nulle part dans les pages suivantes, il n’est fait mention des populations d’Oaxaca qui luttent pour garder leurs terres.

[7Forêts, côtes, lagunes, montagnes, plantes rares, divers types de maïs.

[8Pétrole, uranium, charbon, fer, or, argent, plomb, mercure

[9Eau, assainissement, électricité, routes

[10Lire à ce propos : « Mexique : La communauté indigène reste vulnérable », Actu Latino, 11/08/2010 : http://www.actulatino.com/2010/08/11/mexique-la-communaute-indigene-reste-vulnerable/

[11Le 3 octobre, une « mega-marche » de 500 km atteint Mexico.

[12Pour le bien de tous

[13Les deux lundis qui suivent le 16 juillet, les représentants des sept régions de l’état célèbrent, dans la capitale de l’état, la « Guelaguetza del Lunes del Cerro » (lundi de la Colline). Il s’agit d’une fête oaxacane dont le nom signifie « cadeau, offre, échange ou participation » en langue zapotèque. Cette fête exprime, au travers de signes et de codes, la tradition préhispanique : musique, danses, récolte et produits alimentaires de chaque région... Pour plus d’informations, lire : http://www.revemexicain.com/oaxaca_culture.php/

[14C’est ainsi que la population nomme ces convois de camionnettes de la police judiciaire de l’Oaxaca, dont on a retiré les plaques d’immatriculation et qui circulent de nuit, en ouvrant systématiquement le feu contre les passants

[15Police Fédérale Préventive

[16Comme Noam Chomsky, Naomi Klein, Michael Moore ou encore Howard Zinn. Lire cette lettre (en anglais) : http://www.greenleft.org.au/node/36532

[17Les barricades portent les noms des personnes tuées en 2006

[18Comme la Ligue mexicaine pour la Défense des Droits de l’Homme (LIMEDH) ou la Comisión Nacional de Derechos Humano (CNDH)

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